Ecrire... Disneyland, mon vieux pays natal.

by - juin 12, 2013


Frissons. Une brise entre par mes chaussures noires et sort par le col de mon costume. Sautiller pour se réchauffer. C’est bientôt l’heure. Un à un, par centaine, par milliers ils vont arriver. Les cris et les rires vont emplir le parc vide. Etouffer un manque sans le combler. Les machines à barbe à papa, à gaufres vont s’éveiller. Les odeurs vont nous envahir. La musique nous bercer. Et moi, je serai là à bouger mon corps, tourner ma tête, à essayer de marcher avec mon attirail, à signer des autographes, à usurper l’identité d’un personnage. L’odeur de plastique dans mon masque est trop forte. Croient-ils vraiment en me touchant que je suis un canard ? Ici j’ai redécouvert l’enfance. Les enfants aiment la vie mais rien ne les oblige à aimer la vie qu’ils ont. Alors le rêve devient réalité. Leur imaginaire prend vie et c’est l’étincelle qui transforme le parc en pays merveilleux. Le plastique devient tour à tour peau, brique, pierre. Le carton devient un ciel londonien, une forêt sombre ou un château fantastique. L’adulte ne peut plus comprendre l’enfant. Il lui manque la magie. Les enfants ne sont pas difficiles, ils rêvent d’être n’importe qui, d’aller n’importe où, de faire n’importe quoi. L’adulte ne rêve plus. Il veut être quelqu’un, faire quelque chose, aller quelque part. Lui cherche les sensations fortes dans des machines complexes. L’enfant lui n’a pas besoin de tout ça. Il ne décide de rien, mais rêve.
Les cris et les rires envahissent le parc, je deviens Donald. 

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